Historique

Une longue histoire

Granville doit son nom à ses premiers occupants après les Vikings : la famille Grant. Guillaume Le Conquérant demanda son aide en 1066 et, en récompense de sa fidélité pendant la conquête de la Grande Bretagne, lui attribua des terres. En 1230, faute de descendant mâle, la famille Grant s’unit avec le seigneur d'Argouges (de Gratot, près de Coutances) qui, lui, n’habita jamais à Granville.

Au XIVème siècle, les Anglais conquièrent la Normandie à l’exception du Mont-Saint-Michel qu’ils tentent pourtant d’investir depuis le port de Genêts. Vers 1410, Genêts n’est plus assez sûr et en 1439, l’anglais Sir Thomas Scalles découvre la Roque de Lihou – le premier nom de Granville – l’achète à Jean d'Argouges et construit une enceinte fortifiée. Il fit également creuser, en plein sein falaise, une tranchée de sept mètres de largeur sur dix-huit mètres de profondeur avec vingt mètres à la base afin que le flux montant du nord rejoigne le Boscq et la mer côté sud. Granville devint alors une île plus grande que le Mont-Saint-Michel.

En 1442, les défenseurs du Mont-Saint-Michel prennent le bastion et chassent les Anglais définitivement. Charles VII, ayant compris l’intérêt stratégique de Granville, décida d'en faire une ville fortifiée et signa en 1445 une charte octroyant armoiries et exemptant d’impôts les habitants.

Premier blason de Granville accordé par Charles VIII en 1487

Plan de Granville selon Cassini

Statue de Georges-René Pléville Le Pelley

En 1492, les Juifs chassés d’Espagne, arrivent à Granville. Interdits d’habitation au sein de la cité, ils s’installent dans les faubourgs où ils acquièrent le droit de faire commerce d’orfèvrerie et de prêter de l’argent. C’est notamment grâce à cette activité que l’armement granvillais se développe. Dès 1450, les bateaux de Granville et des environs pêchent à Terre Neuve.

Au fil des siècles, Granville devient un important port morutier.
Sous Louis XIV, les bateaux ont également le droit de s’armer pour s’adonner à la course. Granville en compte 70 à 80 et donne 15 amiraux à la France dont Pléville Le Pelley, "le corsaire à la jambe de bois".

Sous Louis XIII, les fortifications sont modifiées pour tenir compte des progrès de l’artillerie. La porte Est est déplacée vers le Sud. C’est l’actuelle Grande Porte, protégée à sa gauche par le "bastion de l’œuvre".

Drapeau de Granville

Historiquement, le développement socio-économique de Granville est très lié à sa façade maritime : du XVIème siècle au début du XXème siècle, Granville est un important port morutier et arme jusqu’à 110 bateaux pour les bancs de Terre-Neuve, se disputant alors avec Saint Malo le titre de premier port de pêche français.

La Haute Ville, cœur historique de la Cité, renferme les hôtels particuliers, résidences principales des riches armateurs granvillais.

La Bisquine, bateau merveilleusement toilé, a été conçue pour le dragage de bancs naturels d’huîtres, le "pied de cheval".

Le déclin de la grande pêche s’annonce de manière concomitante avec l’essor du tourisme et de la station balnéaire : à partir des années 1850, la "saison des bains" attire des estivants toujours plus nombreux.

La construction de la ligne de chemin de fer Paris- Granville sous le second Empire, favorise l’afflux de touristes, via "les trains de plaisirs".

Le Port de Granville au début du XIXème siècle

La plage du Plat Gousset au début du XXème siècle

Granville se transforme alors, pour trois mois, en un quartier élégant de Paris. L’urbanisation inspirée de l’architecture balnéaire, sous l’impulsion de grands architectes parisiens, donnera sa configuration actuelle à la cité granvillaise : le Casino, élevé en 1911, est inscrit à l’inventaire des monuments historiques, l’hôtel de l’Ermitage situé face à la plage de Donville les Bains, les villas telles que la villa les "Rhumbs" qui sera rachetée en 1905 par Maurice Dior, le père du couturier, sont construites à cette époque. En 1912, le golf de Granville, l’un des seuls véritables links de l’arc atlantique, est construit par le plus grand architecte de golf de l’avant-guerre.

Vue sur le quartier Saint-Paul

Granville poursuit son développement orienté vers la mer : le port de plaisance construit en 1975, compte 1000 anneaux, et un grand projet d’aménagement en prévoit 700 supplémentaires.
Le port de pêche est classé au 1er rang des ports coquillier de France et arme plus de 70 chalutiers et caseyeurs polyvalents.

Le port de plaisance (au fond à gauche). Au premier plan et de gauche à droite, le port de commerce et l'avant-port.

Le port de commerce exporte chaque année près de 155 000 tonnes de graviers et ferrailles. 168 000 passagers embarquent enfin annuellement au départ de Granville pour se rendre à l’archipel de Chausey, son quartier maritime ou vers les îles anglo-normandes avec une liaison quotidienne vers Jersey en saison.

De grandes manifestations gratuites ponctuent l’année de février à octobre : du Carnaval, célèbre pour sa spontanéité et son esprit caustique et "bon enfant", à "Toute la mer sur un plateau" qui met les produits de la mer à l’honneur, en passant par le festival des arts de la rue "Les Sorties de Bain", la Nuit des Soudeurs...
Forte d’une politique culturelle très attractive et d’un patrimoine architectural et naturel exceptionnel, la Ville de Granville s’est engagée dans la démarche de labellisation Ville et Pays d’Art et d’Histoire. La municipalité réalise actuellement un bilan des actions menées dans le domaine culturel et patrimonial, préalable indispensable à la constitution du dossier de candidature.