 Crédit photo : Marc Lerouge |
L’archipel de nature, Chausey regroupe selon la légende 365 îlots à marée basse et 52 à marée haute. La grande Ile est située à 17 km de Granville, dont depuis 1804, elle dépend administrativement.
Ses carriers, durant des siècles, en vinrent et y retournèrent. Plus tard, ses soudiers arrivèrent majoritairement d'un secteur un peu plus septentrional de la côte, et un hameau de la Grande Ile porte toujours le nom de "Village des Blainvillais". En 1802, Chausey était officiellement rattaché à la commune de Granville.
Depuis qu'il a été, il y a quelques milliers d'années séparé du continent; l'archipel vit au rythme des marées. Ainsi qu'à Granville, elles sont les plus hautes d'Europe : la différence de niveau, entre basse et haute mer approche 15 mètres aux grandes marées. Cette eau très pure, continuellement brassée par des courants violents, explique la présence du "bouquet" et du Homard, du Congre et du Bar, du Lieu et du Mulet. Elle explique aussi que Chausey soit le site d'une prometteuse activité d'aquaculture de la Moule, de l'Huître et de la Palourde en particulier.
Elle explique encore que, si la Grande ile ne compte plus que quelques habitants permanents, prospère sur le continent une catégorie de pêcheurs "Chausyais", descendants des résidents et toujours habitués des pêches de l'archipel. L'incroyable dentelle de granit qu'est cet archipel fut longtemps exploité : en huit siècles, il servit à bâtir l'abbaye du Mont-Saint-Michel et à reconstruire Saint-Malo, à dresser les quais de Dieppe et de Londres, à paver les trottoirs de Paris. Entre autres. Quant à la soude, tirée des algues recueillies sur les côtes, elle servit longtemps à l'industrie du savon de Rouen.
Les hauteurs des marées et la multiplicité des ilots chenaux, "plaines" de sable ou de vase, abrupts reliefs et découpage des rivages font de cet archipel l'un des lieux du monde où le paysage ne cesse d'heure en heure de changer de tout au tout dans une lumière dont les transparences varient à chaque minute.
La pêche à pied sur ses grèves ne ressemble jamais à ce qu'elle était hier. Il faut des mois pour apprendre la diversité de sa faune et de sa flore. Et une vie pour explorer vraiment le labyrinthique dédale d'ilots et de passages, de cailloux et de grèves, tantôt à sec et tantôt submergés, qui font ces paysages de commencement du monde.
La SCI, propriétaire des îlots et de la majeure partie de la grande île, ouvrant au public la quasi-totalité de sa propriété est en effet vulnérable face à l'accroissement des visiteurs, mais poursuit malgré tout sa politique d'amélioration du site, en parfait accord avec la délégation régionale du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres et la Ville de GRANVILLE. |