Le spectre d’Alfred H. à l’Archipel
L’Archipel présente Le spectre d’Alfred H., par Le Cri de Wilhelm, jeudi 1er décembre 2022, à 20h30.
Aux origines du projet, il y a la découverte du Hitchbook : à partir de 1962, François Truffaut démarre avec Alfred Hitchcock une série d’entretiens passionnants, qui décortiquent, films après films, les secrets de fabrication du maître du suspense, autant que sa personnalité, sensible et complexe.
Dans cette pièce aux allures de film noir, deux récits se confondent. Il y a le temps du réel, histoire de François, jeune réalisateur d’aujourd’hui en manque d’inspiration, qui peine à terminer l’écriture de son film. Obsédé par la figure du maître du suspense, le spectre d’Alfred Hitchcock vient le hanter et déjà la frontière entre le réel et la fiction se brouille. Ce fantôme le poussera dans ses retranchements et l’aidera à terminer son scénario. Ce film de François, qui se raconte sous nos yeux au rythme de son écriture, c’est le temps de la fiction : Eve a débarqué il y a deux ans à Woodpecker, petite contrée au bord du monde, entourée de forêts et de lacs. Elle y vit une idylle passionnée avec Jack, qui, lui, a toujours vécu là, discret et solitaire. Alors qu’Eve assiste, impuissante, à des visions de meurtres, le corps d’un homme est retrouvé aux abords de Woodpecker. Bientôt les victimes se multiplient, la ville devient la proie d’un tueur en série et tombe rapidement dans la psychose. Persuadée qu’elle peut aider l’enquête grâce aux éléments qu’elle aperçoit dans ses visions et qui semblent se confirmer, Eve se confie à la police locale. Mais la presse apprend son histoire, la divulgue et, très vite, Eve devient la coupable idéale. Nous assistons à la projection au plateau de l’espace mental du jeune réalisateur. Le décor se construit d’une scène à l’autre à mesure que François parachève l’écriture de son film, comme s’assemblent les pièces d’un puzzle. Le spectre d’Alfred H., c’est avant tout l’histoire d’une femme qui crie mais que l’on n’entend pas. Une histoire de fantômes qu’il faudra chasser pour s’affranchir et se raconter soi-même.
“Entre fiction et réalité, Pierre Delmotte aime se jouer des codes théâtraux pour nous emmener dans des univers atypiques… Une création à découvrir ! ” Le Mot de l‘Archipel